Vers un virage écologique maitrisé

La régie des remontées mécaniques de Réallon, gestionnaire des domaines skiables alpins et nordiques est consciente de l’enjeu climatique au sein de son activité ainsi que des évolutions météorologiques qui seront certainement préjudiciables pour la poursuite de la pratique du ski sur ses domaines.

Chacune des opérations d’investissements menée aujourd’hui prend en compte cette réflexion sous différentes formes : consommation ou production d’énergie, diversification des activités, intégration dans le milieu naturel et est basée sur l’hypothèse d’une étude de la Région SUD sur l’évolution climatique locale. Cette étude réalisée en partenariat avec Météo France prenant en compte le scénario actuel le plus défavorable de réchauffement climatique du GIEC donne une augmentation possible des difficultés d’enneigement et de l’économie liée à la neige en 2050.

La station de Réallon s’est ainsi donnée comme objectif une résilience de son économie hors neige à l’horizon 2040 afin de laisser 10 années de maturité à ce nouveau modèle pour obtenir si nécessaire un détachement total ou partiel du produit ski et pérenniser son activité économique à long terme.

Cet objectif structurant pour l’avenir de la station se traduit aujourd’hui par la réalisation d’investissements financés par les recettes du ski (90% du chiffre d’affaires annuel actuel – les 10% restant viennent des recettes estivales) qui se doivent de soutenir ces évolutions.

Ces projets d’investissements se concrétisent ensuite par la mise en place de systèmes de production d’énergie, d’optimisation et de réduction des consommations, de sensibilisation et de diversification estivale.

‘‘ La station sera ouverte et la qualité du domaine skiable ne sera pas impactée mais nous devons réduire nos consommations d'énergie et Réallon a le souhait d’être moteur de cet effort citoyen.
  • dav

    Objectifs à atteindre d’ici 2030

    • Atteindre 30% d’électricité produites sur le domaine skiable pour ses besoins
    • Baisse de 15% des consommations énergétiques liés au domaine skiable
    • Baisse de 15% des consommations énergétiques liées à la neige de culture
    • Implication de l’ensemble socio-professionnels de la station
    • Labélisation flocon vert 2023
    • Respecter les éco-engagements des Domaines Skiables de France d’ici 5 ans
    • Sensibilisation clientèle et image de station verte dans les retours de questionnaire d’ici 5 ans

    Retrouvez les éco-engagements des Domaines Skiables de France ici
‘‘ Actions réalisées ou en cours de réalisation à Réallon:
  • ©LeNaturographe (32)

    Protection de la biodiversité et préservation de ses paysages

    • Inventaire faune et flore des espèces
    • Campagnes et ateliers de sensibilisation avec des intervenants extérieurs tels que le Parc national des Ecrins.
    • Revégétalisation des espaces avec des semences endémiques
    • Installations d‘avifaune

    Réallon aura ainsi une meilleure connaissance de sa faune et de sa flore implantées sur son territoire afin notamment de prévoir des travaux réfléchis en limitant la perturbation de ses différentes espèces.

    Neige / ski / infrastructures

    • Contrat d’électricité 100% verte
    • Tapis skieur auto-suffisant électriquement par galerie photovoltaïque
    • Limitation du chauffage dans les bâtiments
    • Rénovation et isolation énergétique
    • Eclairage public raisonné (coupure en pleine nuit et suivant la saison)
  • 00054Photos Réallon Jour1 18-02-22 (C)Kinaphoto

    Réduction des déchets et sensibilisation

    • Composts collectifs
    • Engagement communauté de commune de Serre Ponçon : Territoire Zéro déchet Zéro Gaspi (TZDZG)

    Aménagement

    • Optimisation de toutes les consommations
    • En cas de terrassement réalisation de re-végétalisation par des semences endémiques
    • Développement de voies douces
    • Engagement communauté de commune de Serre Ponçon : Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV)
    • Membre via DSF du fond Génération Montagne et Essentiem

Actions en lien avec l’alimentation

  • Ateliers dans les fermes pour en faire découvrir le fonctionnement aux enfants,
  • restaurateurs engagés dans l’utilisation de produits locaux,
  • animations à l’école de Réallon.

Actions en lien avec l’évènementiel 

  • Mise en place de fontaine à eau,
  • utilisation de vaisselle carton ou écocup,
  • privilégier les entreprises et nourritures locales (éco-responsables : alimentation pour développer l’économie du territoire),
  • achat de goodies « made in France ».

Transport

  • Prévention auprès des skieurs pour faire du covoiturages ou utiliser les transports en commun,
  • mise en place d’une navette gratuite.

Le domaine skiable alpin améliore son impact écologique

Le bilan carbone d’un séjour au ski dépend surtout du transport (60 %) et de l’hébergement (35 %). Les remontées mécaniques et l’entretien des pistes n’y contribuent que pour 2 % mais c’est sur cette toute petite portion – la seule qui concerne directement les exploitants de remontées mécaniques – que Réallon et l’ensemble des domaines skiable français souhaitent travailler.

A l’échelle nationale, 16 éco-engagements ont été signés par Domaine Skiable  de France pour avoir un bilan carbone neutre en 2037. Au sein des 2% dus à l’activité du domaine skiable c’est 95 % qui est généré par le damage, l’accent va donc être mis sur l’optimisation des émissions des engins de damage avec un soutien à la fabrication de dameuses à hydrogène. Mais premièrement les conducteurs de dameuses sont formés à une conduite moins consommatrice en gazole (pour permettre 5 à 10 % d’économie) comme cela a été effectué au printemps dernier par les dameurs de Réallon.

Pour les remontées, qui fonctionnent à l’électricité, la vitesse est réduite en cas de moindre affluence de skieurs et certaines, redondantes, fermées en dehors de la haute saison. Sur les téléskis de Réallon cette diminution de vitesse est même automatique dès que personne n’emprunte la remontée depuis les révisions trentenaires de nos appareils en 2019.

Pour la neige du culture le plan neige déroulé en 2020 et 2021 à permis de rénover des enneigeurs et pompes afin d’optimiser la consommation électrique aux besoins mais également de produire de façon plus efficace durant les zones de froid. Cette optimisation et l’augmentation de la puissance de production instantanée permettent d’être moins énergivore. Par ailleurs il est bon de rappeler que la neige de culture ne constitue qu’une mélange d’eau et d’air sous pression.

Enfin la régie des remontées mécaniques fait des choix au quotidien afin de limiter son impact : moins de plastique et plus de carton pour les fournitures de l’animation, signature d’un nouveau contrat 100% Energie verte avec EDSB l’agence (fournisseur local d’électricité), achat de GNR GTL pour ses engins de damage (-30% d’émission de CO2 et de particule fine), mise en place d’une navette gratuite pour venir depuis la vallée. Les nouveaux projets d’investissement comprennent l’installation de moyen de production d’énergie renouvelable ou de suivi et de diminution des consommations. Ainsi sans nier le besoin de renouveler son modèle économique dans les prochaines années, la régie des remontées mécaniques fait au mieux pour limiter son impact tout en se servant de l’apport économique du ski comme tremplin pour ce réinventer.

Un chiffre : Le domaine skiable à une émission de CO2 annuelle de 158 950,76 Kg_CO2. Soit ramené au nombre de journée skieur : 1,174 Kg_CO2/JSK. Une journée de ski représente donc 4 fois moins d’émission de CO2 qu’un aller/retour de Chorges à Réallon pour une automobile aux émissions moyennes.

Eco-conduite pour le climat et l’énergie

L’un des objectifs pris par le domaine de ski français est la neutralité carbone d’ici 2037. Ce dernier entend « ne plus émettre un gramme de CO2 bien avant les espérances de la COP21 ».

Durant la rencontre il a été notamment pointé du doigt l’impact majeur en émissions de CO2 des engins de damage qui fonctionnent au gas-oil (95 % des émissions en station). Sur ce point, il a été suggéré de développer des dameuses à hydrogène, dans une logique de transformation énergétique éco-responsable. En lien avec les constructeurs, DSF a d’ailleurs indiqué que « d’ici 3 à 4 ans, les premiers prototypes de dameuses pourraient voir le jour », mesure elle-même renforcée par une généralisation en écoconduite de son personnel.

Une autre volonté sera de lutter contre l’effet « station de ski fantôme », en fermant les remontées mécaniques dont la fréquentation est nulle, sans pour autant fermer des pistes. La finalité de cette mesure sera notamment de lutter contre le gaspillage énergétique.

 

Gestion responsable de l’eau et l’agriculture

L’idée de ces mesures sera d’optimiser la gestion de l’eau notamment en lien avec l’activité agricole.

Il a été décidé de favoriser les projets de stockage d’eau quand celle-ci est en surabondance dans les nappes phréatiques et à l’inverse de ne pas la prélever quand son débit est minimal. Un autre engagement sera le partage de l’eau stockée avec les éleveurs, notamment pour le soutien du pastoralisme en montagne.

Aussi, toutes les stations avec plus de 6 dameuses devront désormais les équiper d’un système GPS pour connaître l’épaisseur du manteau neigeux et ainsi réduire les besoins en neige de culture. On estime qu’avec ces mesures 15% des ressources pourraient être économisées.

Les stations se sont engagées à limiter l’utilisation des canons à neige en lissant leur prélèvement dans le temps et en stockant de l’eau, dès que la production annuelle de neige nécessite plus de 100.000 m3 d’eau.

Protection de la biodiversité

Deux grandes mesures ont été prises pour protéger la biodiversité :

La première sera d’imposer à chaque station le dressage d’un inventaire écologique de leur environnement d’ici 5 ans (faune, flore, zone humide, zone d’hivernage, zone de reproduction, etc…) afin qu’elles aient une meilleure connaissance du territoire où elles sont implantées. Cette dernière mesure sera notamment un guide de repère pour les projets de travaux qui pourront ainsi limiter la perturbation de certaines espèces.

La deuxième sera d’agir pour la préservation des Tétras Lyre (Alpes) et Grands Tétras (Pyrénées) en signalant 100% des tronçons de câbles de remontées mécaniques dans lesquels ces oiseaux peuvent se blesser.

Préservation des paysages

Un autre point très important concerne ces mesures : la préservation des paysages.

Pour agir concrètement, les domaines skiables français ont décidé d’opter pour 100 % de végétalisation après terrassement dans les zones herbeuses ou d’alpages ainsi que d’utiliser des semences endémiques dans ses travaux de revégétalisation.

Alexandre Maulin, président du domaine de ski français, a également annoncé que trois installations obsolètes seront retirées chaque année dès 2023. Il entend ainsi réduire la pollution visuelle dont souffrent de nombreuses stations.

Réduction des déchets et sensibilisation

Pour lutter contre la pollution des déchets en montagne il a été décidé dans chaque station que les domaines skiables, et non plus seulement les associations, organiseront une opération de ramassage des déchets au minimum une fois par an.

En effet, rappelons que déjà plusieurs associations, comme celle de Mountain Ridersmènent déjà des actions depuis plusieurs années pour sensibiliser la population au développement durable en montagne. A plus grande échelle, beaucoup de stations sont engagées dans cette protection environnementale. C’est le cas du Val d’Allos qui propose un programme annuel pour le respect de la nature (journée nettoyage, week-end conférences, nuit étoilée, etc).

À titre représentatif, on peut trouver jusqu’à 30.000 mégots sous un télésiège de 10 pylônes ; or un mégot pollue 1 mètre cube de neige et 500 litres d’eau », selon DSF.

Aussi, une sensibilisation générale sera faite auprès des randonneurs et des skieurs, et ce, dans la totalité des stations de ski déjà partenaires avec des associations.

Et après ?

Les professionnels ne comptent pas s’arrêter là. Ces derniers engagements constituent le début d’un changement progressif qui prendra forme dans les prochaines années. Alexandre Maulin a été affirmatif sur ce point : « nous savons que nous irons plus loin (…) c’est une première phase, et nous rendrons des comptes ».

D’ici 2037, année fixée pour la neutralité en carbone en station, d’autres mesures pourront donc être votées afin de mettre en place une transition écologique plus que nécessaire pour la préservation de l’environnement en montagne.